« Héritage », la chanson officielle du NGUON 2𝟎26 : six artistes Bamoun unissent leurs voix pour transmettre la mémoire d'un peuple
À l'approche du NGUON 2𝟎26, qui se tiendra du 4 au 13 décembre à Foumban, le comité d'organisation a dévoilé il y a quelques jours l'hymne officiel. Intitulée « Héritage », la chanson réunit six artistes de générations et de styles différents autour d'un même message : faire vivre, ensemble, le patrimoine du peuple Bamoun.
Il y a des chansons qui accompagnent un événement. Et il y a celles qui en portent le sens. « Héritage » appartient à la seconde catégorie. Pensée comme une œuvre collective, elle rassemble Fadil le Sorcier, OBM, Amina Rasta, Choco le Pichichi, Aclem Wawa et @Dj champagna. Chacun a écrit et interprété son propre couplet, avec sa voix, son histoire et sa manière de dire l'attachement au royaume. Le résultat ressemble moins à un chœur uniforme qu'à une conversation entre artistes qui, chacun à sa façon, rendent hommage à une même source.
La composition musicale a été confiée à Aclem Wawa, Jaffar Allan et DJ Free Boy. Un trio de beatmaker talentueux qui a réussi à construire un socle sonore capable d'accueillir des sensibilités très différentes, des musiques urbaines aux sonorités traditionnelles, sans que l'une efface l'autre.
Le cœur de la chanson tient en un mot : transmission. Les organisateurs le disent clairement, l'objectif est de rappeler aux filles et aux fils Bamoun que le NGUON est un héritage collectif, et que chaque génération a un rôle à jouer pour le faire vivre. Le NGUON n'appartient pas au passé. Il se reçoit, se protège et se transmet, à la manière d'un bien commun que l'on confie à ceux qui viennent après.
C'est là que la chanson trouve toute sa justesse. En associant des artistes de générations différentes et des styles variés, elle ne se contente pas de parler de transmission : elle la met en scène. Les aînés et les plus jeunes partagent le même morceau, se passent la parole, prolongent la phrase de l'autre. Pour la jeunesse Bamoun, le message est limpide. L'héritage n'est pas un musée figé. Il peut s'exprimer avec les codes de son époque, dans les rythmes d'aujourd'hui, sans perdre ce qui le rend unique.
Le choix des six artistes n'a rien du hasard. Les organisateurs ont tenu compte de leur parcours et de leurs réalisations au cours de l'année, de leur engagement pour les rythmes Bamoun à l'instar du Kpalum, l'un des piliers de l'identité musicale Bamoun, et de leur contribution aux musiques urbaines comme traditionnelles. La volonté de réunir plusieurs générations a également guidé la sélection.
Cette dimension intergénérationnelle fait directement écho au thème de cette édition. Le NGUON 2026 est consacré à Sa Majesté Ibrahim Mbombo Njoya, « roi bâtisseur et figure plurielle », et célèbre les cinq années de règne de Sa Majesté Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya. Un père qui a bâti, un fils qui poursuit : la chanson reflète ce passage de témoin. Elle rend hommage à ce qui a été construit, tout en affirmant que la suite s'écrit maintenant, avec de nouvelles voix.
« Héritage » s'impose ainsi comme bien plus qu'une bande sonore de festival. C'est une déclaration d'appartenance, une invitation lancée à chaque Bamoun, au Cameroun comme dans la diaspora, à se reconnaître dans une histoire commune et à y prendre sa part. Du 4 au 13 décembre, à Foumban, elle résonnera comme le fil qui relie les générations autour du NGUON.
La rédaction
